Le rover Perseverance vient de faire une découverte qui fait frémir les chercheurs de la NASA. Sur la surface poussiéreuse de Mars, il a repéré un fragment de roche qui ne ressemble à rien de ce qu’il avait déjà vu. Et le plus étonnant ? Il pourrait ne pas venir de Mars du tout…
Un rocher pas comme les autres au cœur du cratère Jezero
Depuis son arrivée sur Mars en 2021, Perseverance explore sans relâche le cratère Jezero, une ancienne plaine de rivière potentiellement riche en traces du passé martien. Mais récemment, c’est un tout autre type de découverte qui a captivé l’attention de la NASA : un étrange rocher isolé dans le lit de Vernodden.
Large de 80 centimètres et s’élevant du sol de manière spectaculaire, ce bloc rocheux a immédiatement retenu l’œil des scientifiques. Contrairement aux formations basses et fragmentées qui caractérisent la zone, celui-là se dresse seul et massif. Ce contraste a suffi à le classer comme un « objet d’intérêt ». Il a même reçu un nom : Phippsaksla.
Analyse de la SuperCam : une composition troublante
L’équipement à bord de Perseverance ne laisse rien au hasard. Grâce à la SuperCam, un outil de pointe embarqué sur le rover, les chercheurs ont étudié la composition de Phippsaksla. Le résultat ? Une teneur élevée en fer et en nickel.
« Cette combinaison chimique est typique des météorites issues du noyau d’astéroïdes », explique Candice Bedford, scientifique à l’université de Purdue, dans un communiqué de la NASA. Cela signifie que Phippsaksla ne se serait pas formé sur Mars, mais ailleurs dans notre système solaire.
Une première pour Perseverance
Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est la première fois que Perseverance repère un tel fragment dans Jezero. Jusqu’ici, aucune lueur métallique d’origine extraterrestre n’avait été détectée dans cette région — pourtant considérée comme propice à ce genre de découvertes, en raison de la densité de ses cratères plus anciens.
Ce n’est cependant pas une première pour Mars dans son ensemble. Les rovers Curiosity, Opportunity et Spirit ont auparavant retrouvé des météorites similaires ailleurs sur la planète :
- En 2014, Curiosity a découvert le spécimen baptisé « Liban », un rocher métallique d’environ un mètre de large dans le cratère Gale.
- En 2023, il a repéré « Cacao », autre météorite riche en fer et en nickel.
Mais dans le cratère Jezero, c’est une grande première qui donne un nouveau souffle à la mission de Perseverance.
Alors, météorite ou simple rocher curieux ?
Pour l’instant, l’équipe scientifique garde une certaine réserve. Même si la composition métallique de l’objet correspond à celle d’une météorite, aucune confirmation définitive n’a encore été rendue publique. Il faudra des analyses plus poussées pour l’affirmer avec certitude.
Mais une chose est sûre : si la nature extraterrestre de Phippsaksla était confirmée, Perseverance aurait entre ses caméras sa toute première météorite. Une étape symbolique dans sa quête de connaissances sur l’histoire de Mars.
Ce que cette découverte change pour la mission
La présence d’un tel fragment soulève de nouvelles hypothèses sur l’histoire géologique du cratère Jezero. Comment cette roche est-elle arrivée là ? A-t-elle survécu à un choc violent ? A-t-elle traversé l’atmosphère martienne sans se désintégrer ?
Ces questions pourraient orienter de prochains objectifs pour le robot. D’autant plus que Perseverance est aussi en mission pour préparer un futur retour d’échantillons sur Terre. Trouver une météorite est donc une opportunité unique d’en apprendre davantage sur des matériaux venus d’ailleurs… sans quitter la surface martienne.
En résumé : une pierre tombée du ciel ?
Avec sa forme massive, son isolement étrange et sa composition métallique riche en fer et nickel, Phippsaksla intrigue à plus d’un titre. Même si la confirmation officielle manque encore, cette pierre pourrait bien être le témoin silencieux d’un voyage cosmique, entamé il y a des millions d’années dans un autre coin du système solaire.
Une trouvaille rare qui rappelle que, même après des années à scruter la planète rouge, Mars a encore bien des secrets à révéler…
Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.

